Le banquier et l'au-delà
Publié le 09-08-2026
Le banquier et l'au-delà. Giovanni Bazoli, issu de la célèbre lignée catholique de Brescia – son grand-père Luigi, député du royaume d'Italie et fondateur avec le père Sturzo du Parti Populaire, son père Stefano, membre de l'Assemblée constituante et député de la Démocratie Chrétienne – aujourd'hui âgé de quatre-vingt-treize ans, avocat et professeur, père de trois enfants et grand-père de plusieurs petits-enfants, est appelé un jour à sauver une banque.
Il se trouve qu'en 1982, le Banco Ambrosiano, le plus grand établissement privé d'Italie, est mis en liquidation après les malversations de Roberto Calvi. Le ministre du Trésor Andreatta et le gouverneur de la Banque d'Italie Ciampi font appel au professeur de Brescia pour assurer son sauvetage et son redressement. C'est ainsi que naît le Nuovo Banco Ambrosiano, présidé par Giovanni Bazoli. De diverses fusions successives découlera la Banca Intesa, qui donnera finalement naissance à Intesa-Sanpaolo, l'une des plus importantes institutions européennes. Bazoli, banquier malgré lui, la dirigera jusqu'en 2016, pour en devenir finalement le président émérite.
Aujourd'hui, il publie un précieux petit livre, édité chez Morcelliana à Brescia, au titre très simple : Vie éternelle. Il s'agit d'un dialogue avec ses petits-enfants sur la foi, le mal, la science et enfin l'au-delà. Après de nombreux écrits scientifiques, le voilà confronter à l'urgence de l'annonce de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui. Pourquoi les jeunes s'éloignent-ils de Jésus et de l'Église ? Il l'a demandé à ses petits-enfants et, ensemble, ils ont réfléchi.
Affrontant surtout la question ultime, celle qui touche à la mort, à la résurrection finale, à l'au-delà. Comment y croire ? « Si l'on ne croit pas à la résurrection du Christ, tout le message chrétien s'effondre. Saint Paul lui-même dit que si le Christ n'était pas ressuscité, la foi serait vaine. Absurde même, car il est évident que le parcours terrestre de Jésus, s'il s'était achevé sur la croix – scellé par le cri final Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? – accréditerait une vision désespérée de la vie humaine. [...] L'annonce évangélique est au contraire catégorique : le Christ est ressuscité et a promis la résurrection à tous ceux qui croient en Lui », écrit Bazoli.
« La résurrection est la plus grande promesse concevable, à condition qu'elle prévoie le dépassement de notre condition d'inachèvement, d'imperfection ». Y croire est le plus grand acte de foi. Mais « c'est le bonheur de voir la vie triompher de la mort, la justice réparer l'injustice, de retrouver les êtres aimés. Le sommet de nos désirs, le cœur comblé d'amour ». Parole de banquier.
Renzo Agasso
NP Avril 2026




