Chemin de croix de Gaza – Restons humains
Publié le 07-08-2026

Chemin de croix : face à la tragédie de Gaza, on établit naturellement un parallèle avec un Calvaire moderne — un paysage de poussière, de décombres et du silence assourdissant de la communauté internationale.
LE CORPS DU CHRIST ne fait qu'un avec les corps des civils et des innocents — une tragique répétition de l'histoire sur une terre qui incarne l'oxymore d'être à la fois bénie et maudite. Aujourd'hui, la sentence n'est pas prononcée dans un prétoire, mais dans les couloirs du pouvoir où l'on décide qui a le droit d'exister et qui ne compte que comme « dommage collatéral ». À Gaza, la sentence tombe d'en haut sous forme d'ordres d'évacuation ne menant nulle part. C'est la sentence imposée à ceux qui sont nés du « mauvais côté » de la frontière — disons-le clairement : nous signons ces verdicts par notre propre indifférence.
LA CROIX DE GAZA n'est plus faite de bois, mais de béton armé. C'est le poids d'un immeuble effondré qu'un père doit soulever à mains nues pour chercher ses enfants. C'est le poids d'un bidon d'eau vide porté sur des kilomètres. C'est le fardeau que chaque survivant porte sur ses épaules pour ceux qui n'ont pas survécu.
SUR LE CHEMIN DE CROIX, JÉSUS TOMBE TROIS FOIS sous le poids de la croix ; à Gaza, les gens sont victimes des bombardements, de la famine et du manque de médicaments. Aujourd'hui, ces chutes s'incarnent dans des enfants qui cessent de trembler parce qu'ils sont tout simplement trop épuisés pour avoir peur. Chaque fois qu'une tente est emportée par le vent, l'eau ou le feu, c'est le Christ qui heurte la boue de Gaza de son visage.
À LA QUATRIÈME STATION, LE CHRIST RENCONTRE SA MÈRE ; dans ce Chemin de croix, Marie prend le visage de mères qui reconnaissent leurs enfants — déchiquetés — à des détails qui nous échappent, comme une tache particulière ou une déchirure sur un t-shirt. C'est le cri silencieux de mères et de pères serrant contre eux un drap blanc qu'ils refusent de lâcher. Des rencontres sans mots — seule demeure l'angoisse de ceux qui ont donné la vie, pour la voir s'éteindre en un instant.
Les médecins qui opèrent à même le sol des églises et des écoles — sans anesthésie, à la lueur d'un téléphone portable — sont les Véronique d'aujourd'hui.
Ce sont ces bénévoles qui partagent leur dernière miche de pain. De petits gestes d'humanité dans un océan de brutalité et d'inhumanité.
Jésus est cloué sur la croix ; il est immobilisé, pris au piège, tout comme le peuple de Gaza est pris au piège et cloué sur une bande de terre de 40 kilomètres de long. Sans aucune issue.
Le ciel au-dessus de Gaza est fermé, la mer est interdite, la terre n'est qu'un cratère. Les clous sont ces éclats de métal fichés dans une chair en sang. La soif est celle de celui qui boit de l'eau salée. « J'ai soif » n'est plus un symbole ; c'est la réalité pour des milliers d'enfants.
Enfin, Jésus meurt sur la croix : « Les ténèbres se firent sur toute la terre. » À Gaza, les ténèbres signifient la coupure des communications, le silence des téléphones qui ne sonnent plus. Dieu meurt sous un bombardement nocturne, meurt dans une fosse commune d'hôpital, meurt en attendant une aide qui n'arrive jamais.
Dans le Chemin de croix de Gaza, la quinzième station — la Résurrection — manque à l'appel. Ce n'est pas un oubli ; c'est tout simplement et cruellement qu'à Gaza, pour l'instant, il n'y a aucune perspective de Résurrection, et nous restons dans l'attente.
par Massimiliano Ungarelli
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