Nous avons encore le temps

Publié le 10-03-2026

de Ernesto Olivero

Quatre ans se sont écoulés depuis l'invasion de l'Ukraine, mais je ne parviens toujours pas à me faire à la guerre.
Je ne peux m'y faire, et je ne m'y ferai jamais, à l'idée que la guerre puisse être envisagée, considérée comme une solution, une tragique nécessité. Comme le démontre chaque conflit armé, de l'Ukraine à la Terre Sainte, de l'Afrique à l'Asie du Sud-Est, la guerre est absurde ; c'est simplement un échec humain, dont nous avons été témoins directs en aidant les populations de tant de pays. Surtout, nous l'avons vu dans les yeux des enfants, qui, durant leurs précieuses années de croissance, ne connaissent que la haine. Des blessures profondes qu'aucun traité ne saurait guérir.

Ainsi, nous continuons de lutter pour la paix de toutes nos forces, forts d'une certitude : la paix est un fait, fruit de la justice. C'est le droit de chaque homme et de chaque femme à la nourriture, au logement, au travail, aux soins de santé et à la dignité. C’est un accueil qui ne tient compte ni de l’origine ni de la religion, car les croyances doivent se tourner vers Dieu – amour et miséricorde – pour avoir l’autorité morale de dire « non » à la violence.

Face à cette horreur, la paix doit continuer à œuvrer pour la paix. Nous demandons aux gouvernements et aux écoles de faire de l’éducation à la paix une priorité absolue, de l’enfance à l’université. Nous avons besoin de citoyens responsables, gardiens du dialogue, capables de rêver d’un désarmement universel grâce au progrès humain. Les institutions internationales doivent être profondément réformées pour protéger véritablement les droits des minorités et interdire les armes, en remédiant aux injustices par la force de leur présence et de leur médiation. Agissons maintenant, car il est encore temps, avant l’abîme, et non – comme après la Seconde Guerre mondiale – après soixante millions de morts.

N’oublions pas que la paix n’est pas seulement la tâche des institutions : c’est mon devoir, c’est ma responsabilité. Commençons par un travail intérieur. Commençons par combattre toute tentation d’hostilité, de jugement et de rejet d’autrui. Dire non à la guerre, c'est avant tout dire oui à la lutte contre nos parts d'ombre, contre la haine qui ronge nos cœurs.
C'est ainsi que nous défendons l'avenir, un acte de justice à la fois.


Ernesto Olivero
Éditorial
NP Mars 2026

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